Maria Teresa Caracciolo

  • La ville antique de Pompéi n'aurait été qu'un centre provincial de l'Empire romain comme tant d'autres, 1 si une fatale éruption du Vésuve, survenue en l'an 79 après J.-C .. ne l'avait pas entièrement détruite, et ne l'avait ensuite aussitÔt préservée. en la recouvrant d'une épaisse couche de cendres et de matières volcaniques solidifiées. Cette protection conserva quasiment intacts 1 e s vestiges de l'antique Pompéi au cours denviron mille sept cents ans. En 1748, les équipes d'ingénieurs militaires qui effectuaient pour le roi de Naples des fouilles archéologiques dans la région vésuvienne, faisaient les premières découvertes sur le site. La date de 1748 devint alors ceUe du début de la nouvelle vie de la cité romaine qui habita pendant plus de deux cents ans, et habite encore l'imaginaire européen.
    Curieusement. le temps des premières découvertes à Pompéi coïncida avec celui d'une recrudescence de ractivité volcanique du Vésuve, qui connut dans la seconde moitié du XVlIIème siècle de fréquentes éruptions. La nature semblait célébrer un événement historique marquant. Les yeux de l'Europe toute en· tière se tournèrent alors vers Naples et vers la Campanie.
    Au XVlIIème siècle, la fortune naissante de Pompéi ne fut pas orientée vers la ville elle-même, mais se focalisa essentiellement sur quelques antiques extraites de son sous-sol. Ce fut alors que firent leur apparition dans l'art occidental les variations sur le thème des satyres et des vols de centaures, faunes et bacchantes amoureux, comme les interprétations les plus variées du thème des danseuses dites d'Hercu anum et de celui de l'Amour prisonnier. Dans la décoration intérieure, le traitement des parois à la pompéienne s'imposa, et dans les arts décoratifs l'adoption d'un mobilier et dobjets imitant ceux qui ornaient les demeures des anciens Pompéiens, tels les tripodes, les candélabres, les lampes, les cassolettes, les vases, les amphores, devint une mode incontournable.
    Au début du XlXème siècle, notamment au cours des règnes de deux souverains français, Joseph Bo · naparte et Joachim Murat, une programmation globale des fouilles de Pompéi put être formulée et le périmètre des murailles de la ville antique fut tracé avec précision. I..:attention des responsables des fouilles se déplaça alors vers l'architecture et l'urbanisme de la cité. Ibuvrage d'un architecte français protégé de la reine Caroline Murat synthétise le tournant vécu par l'archéologie pompéienne dans les premières décennies du siècle: ((Les Ruines de Pompéi» de François Mazais, qui fut publié en plusieurs volumes entre 1813 et 1838. Le recueil permettaient en effet de circuler dans les rues de Pompéi, de pénetrer dans les habitations et dans les thermes fréquentés par les Pompéiens, de visiter ses temples et de participer aux jeux et aux compétitions dans ses théâtres. Le quotidien des Anciens redevenait familier aux Modernes du XIXème siècle et en pleine éclosion du Romantisme, enllamma leur imagination. La ville antique devint alors le cadre d'u ne vaste production littéraire, théâtrale, musicale, peinte, sculptée, dessinée et gravée, faisant revivre les histoires du passé et privilégiant généralement ~ les derniers jours de Pompéi)} au cours desquels lëruption meurtrière avait forgé le mythe de la cité, La seconde vie de Pompéi véhiculée par les tableaux- phares d'une époque, par des pochades et des tableautins: s'exprima par la plume d'écrivains d'élite, comme par celle de romanciers populaires, dont les oeuvres furent cDuron nées d'un succès éphémère.
    Elle toucha ainsi un public extrêmement large, ce même public qui nourrit aujourd'hui, inlassable· ment, les flux de visiteurs qui se rendent sur le site, pèlerins des temps modernes partis de tous les pays du monde pour le voir de leurs propres yeux.

  • Le Romantisme, mouvement d'idées et de culture, imposa un changement radical dans la vision de l'homme et de la réalité, dans le goût et dans les arts, et fut à l'origine d'une révolution dans la philosophie, dans la religion, dans l'ordre politique et social, enfin dans les mentalités, dans la psychologie et dans le costume.
    Le terme de Romantisme a fait l'objet d'un nombre considérable de définitions, qui par leur variété montrent à la fois sa polyvalence et les différentes facettes que le mouvement assuma au cours de ses migrations européennes. Ce mouvement émerge tout d'abord en Allemagne, dès les dernières années du XVIIIe siècle, puis en Angleterre à peine plus tard. En France, le mouvement s'affirme dans les années 1820-1830, tandis qu'en Italie, il apparaît dans le cadre de la formation de la nation.
    En dépit de ces différences géographiques et chronologiques, le Romantisme fut bien un seul et même mouvement qui révolutionna l'âme européenne en l'espace d'un quart de siècle.
    Cet ouvrage le démontre magistralement à travers une iconographie somptueuse et des textes emblématiques.

  • Exposition " Les soeurs de Napoléon. Trois destins italiens ", au musée Marmottan Monet à Paris, du 03 octobre 2013 au 02 février 2014.
    Les soeurs de Napoléon Ier, Élisa, Pauline et Caroline, eurent toutes trois un destin italien : la première fut élevée par son frère au rang de princesse de Lucques, puis de grande-duchesse de Toscane, représentante de l'Empereur en Italie. La deuxième épousa un prince romain, Camille Borghèse, et vécut avec lui entre Paris et Rome, en s'attirant dans les deux villes le titre de reine de la beauté. Enfin la cadette, mariée au général Joachim Murat, régna avec lui sur Naples avec un faste inégalé.
    L'exposition évoque les trois destins des soeurs Bonaparte, forgés dans le Paris consulaire et brillamment parachevés en Italie sous l'Empire. Comme les autres membres de la famille Bonaparte, les soeurs de Napoléon appréciaient les belles résidences et pratiquèrent un mécénat éclairé. A Paris et en Italie, elles laissèrent la marque de leur passage par la création de décors, de peintures, de sculptures et d'objets d'art. La grande-duchesse de Toscane et la reine de Naples stimulèrent la production des manufactures de leurs Etats et encouragèrent dans leurs cours le théâtre, la musique et les arts de la mode, en menant en Italie une politique de conquête pacifique, la conquête par la culture et les idées. L'exposition réunit des portraits des trois soeurs, seules ou en groupe, avec leurs familles et leurs amis, dans les lieux où elles vécurent et qui furent métamorphosés par leur goût. Elle rassemble des oeuvres d'art créées sous leur impulsion, des objets et des accessoires de leur vie quotidienne, des bijoux qui relevaient leurs somptueuses tenues de cour. Ces oeuvres sont aujourd'hui partagées entre les plus grands musées d'Europe et les collections des descendants de la famille, italiens et français. Leur réunion dans les salles de l'ancien hôtel de Paul Marmottan, devenu musée Marmottan Monet, ressuscite une page d'histoire et la splendeur d'une époque. Elle nous fait entrer dans la vie privée d'une famille qui partagea le destin exceptionnel de l'empereur Napoléon Ier.

  • Le Palais des Beaux-Arts de Lille abrite une exceptionnelle collection de dessins anciens provenant du legs Wicar. Né en 1762, élève de Jacques-Louis David, le peintre Jean-Baptiste Wicar vécut plus de trente ans en Italie. À sa mort, en 1834, il légua l'ensemble de sa collection de dessins à sa ville natale, Lille. Parmi ces 1300 feuilles, les plus grands maîtres sont représentés : Raphaël, Michel-Ange, Botticelli, Cranach, Dürer, Holbein ou Poussin. Pour commémorer les 250 ans de la naissance de Jean-Baptiste Wicar, le Palais des Beaux-Arts de Lille présentera une sélection des deux cents plus beaux dessins de cette collection. Leur présentation exceptionnelle sera enrichie par des créations originales d'Ernest Pignon- Ernest à partir des chefs-d'oeuvre choisis par l'artiste.
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