Mort d’Aharon Appelfeld

Mort d'Aharon Appelfeld
 

L’écrivain israélien Aharon Appelfeld est mort d’un arrêt du cœur à Petah Tikva, en Israël, dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier, à l’âge de 85 ans. Avec cet homme modeste en dépit de sa renommée mondiale – lauréat du prix d’Israël en 1983 et du Médicis étranger en 2004, on lui doit plus d’une quarantaine de livres traduits en 35 langues – disparaît, après Primo Levi ou Elie Wiesel, l’un des derniers survivants à avoir fait passer dans l’écriture l’expérience restée pour beaucoup incommunicable du génocide.
Aharon Appelfeld est né de parents juifs assimilés germanophones. Sa mère est tuée en 1940 alors que le régime roumain commence sa politique meurtrière envers les Juifs. Aharon Appelfeld connait le ghetto puis la séparation d'avec son père et la déportation dans un camp à la frontière ukrainienne en Transnistrie, en 1941. Il parvient à s'évader à l'automne 1942.
Il se cache dans les forêts d'Ukraine pendant plusieurs mois au milieu de marginaux de toutes sortes. Il trouve refuge pour l'hiver chez des paysans qui lui donnent un abri et de la nourriture contre du travail mais il est obligé de cacher ses origines juives.
Il traverse l’Europe pendant des mois avec un groupe d’adolescents orphelins, arrive en Italie et, grâce à une association juive, s’embarque clandestinement pour la Palestine où il arrive en 1946.
Il est pris en charge par l’Alyat Hanoar et se retrouve dans un camp de jeunesse, puis dans une école agricole. Il doit faire ensuite son service militaire en 1949.
Diplômé de l'Université hébraïque de Jérusalem, il y renoue avec sa culture d'origine, en étudiant au département de yiddish.
À la fin des années 1950, il décide de se tourner vers la littérature et se met à écrire, en hébreu. Il a longtemps enseigné la littérature à l'Université Ben Gourion du Néguev.
Il laisse une oeuvre considérable traduite en français.

Son dernier roman "Des jours d'une stupéfiante clarté" est sorti en janvier 2018.
Theo Kornfeld a vingt ans lorsqu'il quitte le camp de concentration que ses gardiens viennent d'abandonner à l'approche des Russes. Il n'a qu'un seul but : retrouver la maison familiale. Errant sur les chemins, blessés au plus profond d'eux-mêmes, les déportés qu'il croise lui rappellent l'horreur à laquelle il a survécu, tandis que d'autres figures émergent de son passé. Celle de sa mère, Yetty, une femme à la beauté exceptionnelle, au caractère fantasque, qui aimait les églises, les monastères et l'oeuvre de Bach. Celle de Martin, un père trop discret que Theo va apprendre à mieux connaître à travers une autre rencontre. Des jours d'une stupéfiante clarté raconte son voyage à travers les paysages d'Europe Centrale baignés de lumière. Chaque pas, chaque être croisé, suscite en Théo d'innombrables questions. Comment vivre après la catastrophe ? Comment concilier passé et présent, solitude et solidarité ? Comment retrouver sa part d'humanité ? Par-delà le fracas de l'Histoire, ce livre admirable est le récit d'une résurrection.




 
 
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