Rencontre avec Hubert Haddad - le jeudi 1er juin

Rencontre Dédicace avec Hubert Haddad
Le 1er juin dernier, nous avons eu l'honneur de recevoir Hubert Haddad à la librairie.
Artiste, poète, romancier, Hubert Haddad nous a offert un merveilleux moment littéraire autour de son dernier roman "
Premières neiges sur Pondichéry" et de la revue "Apulée" dont il est le rédacteur en chef.
On retiendra de cette rencontre son humilité, sa volonté de partager avec le public son ressenti sur le monde, tout en restant accessible, son amour de toutes les cultures, de la vie et de la liberté.

Nous avons passé un excellent moment et vous remercions d'avoir été présents lors de cet événement.
  • « Il y a du beau monde à l'affiche de cette nouvelle revue annuelle "de littérature et de réflexion" lancée par les éditions Zulma sous la houlette de l'écrivain Hubert Haddad : Adonis, Jean-Marie Blas de Roblès, Colette Fellous, J.M.G. Le Clézio, Alain Mabanckou, Sylvain Prudhomme, Jean Rouaud, Boualem Sansal, Leïla Sebbar...
    Des écrivains tournés vers la découverte, de l'autre ou du monde. Baptisée Apulée, du nom d'un auteur berbère du IIe siècle, cette épaisse et élégante revue se veut "un lieu de transmission à ciel ouvert, un carrefour des mondes à l'écart des enjeux de pouvoir", avec pour premier espace d'exploration l'Afrique et la Méditerranée. » [Alexandra Schwartzbrod, Libération, à propos du premier numéro d'Apulée.] Dans l'ardente continuité de son numéro inaugural, fidèle à l'appel constant des autres rives et des antipodes, la revue Apulée continue d'investir tous les territoires de la littérature, de la pensée vive, de la poésie et de l'image. Et c'est autour du thème De l'imaginaire et des pouvoirs - avec une mise à l'honneur de Driss Chraïbi et de Mohammed Dib - que s'articule cette nouvelle livraison : tant à travers les fécondes controverses qu'il suscite, que dans les heureuses fictions qu'il inspire, au gré de réflexions ouvertes, d'alertes parades ou d'harmonies secrètes...
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  • Cette nouvelle revue annuelle de littérature et de réflexion initiée par Hubert Haddad s'engage à parler du monde d'une manière décentrée, nomade, investigatrice, loin d'un point de vue étroitement hexagonal, avec pour premier espace d'enjeu l'Afrique et la Méditerranée.

    C'est autour du nom prestigieux d'Apulée - auteur berbère d'expression latine qui, avec l'Âne d'or ou les Métamorphoses, ouvrit au IIe siècle une extraordinaire brèche de liberté aux littératures de l'imaginaire - que se retrouvent ici écrivains et artistes venus d'horizons divers. Romanciers, nouvellistes, plasticiens, penseurs et poètes des cinq continents auront la part belle pour dire et illustrer cette idée de la liberté, dans l'interdépendance et l'intrication vitale des cultures.

    Avec ce numéro inaugural, c'est sur le thème des Galaxies identitaires que la revue Apulée entre en scène pour tenter d'en finir avec les enfermements idéologiques, les replis élitistes et les fanatismes aveugles. Et la création et la réflexion ont beaucoup à dire sur les identités.

    Avec des contributions de : Abed Azrié, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas de Roblès, Julien Delmaire, Mathias Énard, Colette Fellous, Hubert Haddad, Abdellatif Laâbi, Alain Mabanckou, Albert Memmi, Alain Nadaud, Bernard Noël, Sylvain Prudhomme, Jean Rouaud, Boualem Sansal.

  • Violoniste virtuose, fervent de musique kleizmer autant que du répertoire classique, Hochea Meintzel accepte l'invitation d'un festival de musique carnatique à Chennai, en Inde du Sud. Blessé dans sa chair par un attentat, c'est avec l'intention de ne plus revenir qu'il quitte Jérusalem.
    Comme aimanté par les circonstances, après une cahotante équipée qui le mène de Pondichéry à la côte de Malabar, en passant par un ranch de montagne aux frontières du Kerala, il finit par trouver refuge à Fort Cochin, non loin de l'antique synagogue bleue. Un soir de tempête, parce que la grande prière exige un minyan, quorum de dix fidèles, ceux qui sont restés supplient Hochea d'être le dixième. Avec la promesse de lui raconter l'histoire ancestrale des juifs de Kochi...
    Porté par les figures de Samra, sa fille adoptive, et de Mutuswami, la jeune musicienne qui le guide et l'accompagne, Hochea s'en remet à un enchaînement de hasards, quitte à affronter une part occultée de sa vie - et l'intuition d'un autre monde, d'une autre histoire, d'un autre exil.
    En un tour de force romanesque, Premières neiges sur Pondichéry nous plonge dans un univers sensoriel extrême, exubérant, heurté, entêtant, à travers le prisme d'un homme qui porte en lui toutes les musiques du monde, et accueille l'inexorable beauté de tous ses sens.
    « La nuit cette fois était entière, emplie d'étoiles dédoublées par des voiles de brume. Et le bouquet final, après les dernières salves, retombait en neige éparse sur la mer. »

  • Ma

    Hubert Haddad

    « La marche à pied mène au paradis. » Ainsi s'ouvre Ma, roman japonais, à la croisée de deux destins et autour d'une même quête, la voie du détachement.
    Shoichi porte en lui le souvenir de Saori, la seule femme qu'il ait aimée, une universitaire qui a consacré sa vie à Santoka, le dernier grand haïkiste.
    Leur aventure aussi incandescente que brève initie le départ de Shoichi sur les pas de Santoka, de l'immense Basho et de son maître Saigyo. Marcher, pour cette procession héroïque d'ascètes aventureux, c'est échapper au ressassement, aux amours perdues, c'est vivre pleinement l'instant ! « Le saké pour le corps, le haïku pour le coeur ».
    Dans la lignée de l'inoubliable Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous emmène sur les sentiers du Bout-du-Monde. Son écriture est comme la palpitation miraculeuse de la vie, au milieu des montagnes et des forêts, à travers le chant des saisons, comme un chemin sur le chemin.

    Auteur d'une oeuvre immense, Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d'intellectuel et d'artiste, avec des titres comme Palestine, le très remarqué Peintre d'éventail, et tout récemment Corps désirable.

  • « Mister Splitfoot, si tu y es, frappe deux fois ! » Qui se souvient de l'incroyable destin des soeurs Fox, ces deux fillettes de l'Amérique puritaine qui, par une nuit de mars 1848, en réponse aux bruits répétés qui secouent leur vieille ferme, inventent le spiritisme comme on joue à cache-cache ? Kate, d'abord, sorte d'elfe à la fois espiègle et grave, pleine de fantaisie et de mystère, Margaret, fascinée par la médiumnité de sa petite soeur, et enfin Leah, de vingt ans leur aînée, qui, avec l'aide d'hommes d'affaires de Rochester et de financiers de Wall Street, rêve de fonder un empire à partir de ce nouveau jeu de société un rien macabre...
    Avec Théorie de la vilaine petite fille, Hubert Haddad revisite magistralement, dans un style ample et endiablé, un demi-siècle de la folle Amérique, celle du libéralisme naissant, des sectarismes et de toutes les utopies. Il nous offre un roman facétieux, jubilatoire, émouvant, dont on ressort étourdi et joyeux comme d'une baraque de train-fantôme, avec en tête la ritournelle d'un negro spiritual ou d'un vieux folksong.

  • C'est au fin fond de la contrée d'Atôra, au nord-est de l'île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques.
    Attenant à l'auberge se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s'attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d'éventail. Il devient oi le disciple dévoué de maître Osaki.

    Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d'autres bouleversements.
    Avec le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d'initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

  • Opium poppy

    Hubert Haddad

    Encore et encore, on lui demande comment il s'appelle. La première fois, des gens lui avaient psalmodié tous les prénoms commençant par la lettre A. Sans motif, ils s'étaient arrêtés sur Alam. Pour leur faire plaisir, il avait répété après eux les deux syllabes. C'était au tout début, à Paris. On venait de l'attraper sur un quai de gare, à la descente d'un train.
    Au fil de cette traque à l'enfant, se dessine l'histoire d'Alam. Celle d'un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d'opium, entre son désir d'apprendre et les intimidations de toute sorte, entre son admiration pour un frère tête brûlée et l'amour éperdu qu'il porte à une trop belle voisine. Ce surprenant roman à la précipitation dramatique haletante éclaire la folle tragédie des enfants de la guerre. « Qui aura le courage d'adopter le petit taliban ? » semble nous demander avec une causticité tendre l'auteur d'Opium Poppy.

  • Mauriac écrivait ses Mémoires intérieurs, il s'agissait de ses lectures et d'une certaine façon, il constituait un autoportrait à la manière du Bibliothécaire d'Arcimboldo. C'est ce que tisse dans ces pages Hubert Haddad, partant d'une défense du roman et du style, il nous invite à partager ses préférences : l'aborigène Paul Wenz, le syndrome d'Elpenor, belle variation autour de la phrase de Gracq : « Même tombée au rang de joujou, la noblesse du rail demeure pour moi imprescriptible. », puis c'est Proust et la musique, ce cher Julien Gracq et même Hugo et sa prodigalité, Chateaureynaud, qu'Hubert Haddad entrevoit- ils sont amis, ils ont à peu près le même âge- en se penchant sur son miroir, et enfin Modiano, dont une lecture à la fois politique, critique et sagace révèle les ombres qui sont celles de notre après-guerre français. Huit facettes d'inspiration, de respiration, aussi habitées les unes que les autres, et qui font qu'Hubert Haddad est Hubert Haddad.

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